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Retour en son sur les « enfants d’Inter » de l’été 1992 18 juillet 2012

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Retour en son sur les
Créée à la rentrée 1991 sur France Inter par Roland Dhordain, l’émission Les Enfants d’Inter se voulait comme un concours radiophonique ayant pour but de dénicher de nouveaux talents du micro.

Chaque samedi après-midi, Dhordain recevait un candidat et le soumettait à plusieurs épreuves : présentation, improvisation, test de culture radiophonique et réalisation d’une maquette sur le concept de son choix.

Les prétendants étaient ensuite très sérieusement jugés, critiqués et notés, et les résultats élevés permettaient aux meilleurs de revenir au micro d’Inter pour une deuxième série d’épreuves à partir du mois de février. Ce second tour beaucoup plus sévère accouchait au final de trois lauréats, dont la récompense était extrêmement valorisante : un créneau dans la grille d’été de la station, et donc une visibilité importante pour la suite de leur carrière de présentateur, journaliste ou producteur.

Ainsi, l’opération permit de faire souffler sur les étés 1992 et 1993 de France Inter un vent de fraîcheur, chargé de nouvelles voix, de personnalités atypiques et de concepts assez originaux, ce qui semble être beaucoup moins le cas aujourd’hui.

Lors de l’été 1992 par exemple, les « enfants d’Inter » amenèrent une touche de folie dans la grille des programmes, par le biais de trois émissions inattendues.

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Les cinq « enfants d’Inter » de l’été 1992 : Philippe Lellouche et Pascal Huet (en haut), Philippe Sylvestre et Fabienne Guedy (au centre), François Alysse (en bas). Photo : © Stéphane Tabet pour Télérama

 

Diffusée, le samedi à 16 heures, Le Pavé dans la mer proposait l’interview décalée et allumée d’une personnalité par François Alysse et Philippe Sylvestre.
Dés le générique bien troussé, le ton de l’émission était donné…

Toujours le samedi, à minuit, Fabienne Guedy mélangeait récits d’un quotidien absurde et virgules sonores tonitruantes dans Kotidien, le retour !

Et puis, le dimanche à 15 heures, Philippe Lellouche et Pascal Huet passaient efficacement en revue les contrariétés de l’époque, et donnaient avec talent dans la moquerie de l’actualité et des phénomènes médiatiques du moment dans le Top stress.

Les tubes de l’été étaient par exemple régulièrement tournés en ridicule dans l’émission :

L’occasion d’entendre également sur France Inter, quelques pastiches musicaux bien sentis, comme ici un clone de Jean-Patrick Capdevielle :

Ou bien encore des parodies radiophoniques de sitcoms AB Production, avec le feuilleton au rabais La Famille Carpentier :

L’été suivant, à l’issue de la deuxième et dernière saison du tremplin (1992-1993), ces « enfants d’Inter » eurent pour successeurs trois voix bien connues aujourd’hui des auditeurs de France Inter : Sophie Loubière, Sandrine Mercier et Hervé Pauchon.

Signalons pour clore le sujet, que le principe du concours radiophonique refit une apparition en 1996 sur l’antenne, le dimanche à 18 heures, toujours avec Roland Dhordain, avec pour titre : France Inter…c’est classe ! Le retour de ce concept ne dépassa cependant une saison.

Deux anniversaires… et une nécro (Radio 7) 20 juin 2012

Posté par Le Transistor dans : Archives,France Info,Histoire,Le Mouv',Radio France , 6 commentaires

Deux anniversaires... et une nécro (Radio 7) dans Archives Radio7-300x151Alors que l’on fête les vingt-cinq ans de France Info (née le 1er juin 1987) et les quinze ans du Mouv’ (né le 17 juin 1997), c’est le moment de ressortir la nécro de Radio 7, cette antenne qui a précédé l’une et inspiré la création de l’autre. Entre les bulles de champagne sortons un mouchoir pour se souvenir de la défunte station pour les jeunes lancée par Radio France.

C’était le 2 juin 1980, le service public lançait son septième programme sur 99.7 MHz pour tenter de contenir un mouvement des radios libres qui se faisait de plus en plus pressant. Mais pas mal de rock, un ton jeune et décalé ne suffisent pas sur cette unique fréquence parisienne dévolue à Radio 7 pour s’imposer face à la déferlante de stations qui noie la FM un an plus tard. Trop tard, la radio n’arrivera jamais à s’imposer malgré deux fréquences à Paris dès 1984 (91.3 et  91.7), un luxe vu l’encombrement de l’éther parisien. Le 28 février 1987 (tiens, un 7 !), Radio 7 cesse d’émettre. Elle laisse la place à France Info trois mois plus tard.

Dix ans plus loin, le service public lance une nouvelle radio ciblée pour les jeunes. Le 17 juin 1997 (tiens, encore un 7 !), le Mouv’ se lance sur les ondes dans dix-sept ( toujours un 7 !) villes de France. Un embryon de couverture FM qui en son temps aurait fait rêver Radio  7… et l’aurait peut-être sauvée.

Pour conclure cette nécro, écoutons quelques archives sonores de Radio 7, afin d’en saisir l’ambiance et le ton particulier.

Le jingle « chaussettes » en 1980 :

Un bulletin météo, un jour de 1983 :

Eté 1983, un jingle et une intervention de Jeff (Jean-François Bouquet) :

Une promotion pour la « Friday night mastermix dance party » de Robert Lévy-Provençal en 1985 :

Frédéric – RadioBrest.net

17 juin 1997 : naissance difficile pour Le Mouv’ 17 juin 2012

Posté par Le Transistor dans : Anniversaires,Archives,Histoire,Le Mouv',Radio France , 6 commentaires

17 juin 1997 : naissance difficile pour Le Mouv’ dans Anniversaires lemouv_logo1997-petitSans tambour ni trompette, Le Mouv’ fête aujourd’hui son quinzième anniversaire. Les faibles résultats de la station, son maigre bilan, son déficit d’image et son histoire mouvementée incitent apparemment Radio France à faire profil bas pour l’évènement. Aucune déclaration ni émission spéciale ne viendront semble-t-il célébrer cet anniversaire.

Cette journée offre tout de même l’occasion de se pencher à l’aide de quelques archives sur les débuts difficiles de la station et l’histoire agitée de ses premiers mois d’existence.
Tout a donc commencé le mardi 17 juin 1997 à 13 heures par une déclaration de Michel Boyon, PDG de Radio France, et un bref montage sonore :

Lorsque Michel Boyon lance cette nouvelle antenne publique dédiée aux jeunes, la joie est toute relative au sein de la Maison ronde.
Le Mouv’ souffre tout d’abord de l’indifférence, voire de l’hostilité des personnels de Radio France. Personnels qui voient d’un mauvais œil cette nouvelle venue en raison de la culture du secret qui a entourée sa gestation, et des craintes liées à son coût de fonctionnement : faudra-t-il déshabiller d’autres antennes de Radio France pour « nourrir la petite dernière ? » [1].

Le contexte politique du mois de juin 1997 est par ailleurs loin d’être favorable à Michel Boyon, ancien conseiller ministériel sous des gouvernements RPR. Suite à la dissolution de l’Assemblée Nationale souhaitée par Jacques Chirac, le pays connaît sa troisième cohabitation et la nouvelle ministre socialiste de la Culture et de la Communication, fraîchement investie deux semaines plus tôt (Catherine Trautmann), s’intéresse de près aux chantiers audiovisuels lancés par les patrons nommés par la droite.

Ainsi, mise devant le fait accompli du lancement du Mouv’ à son arrivée, la ministre soutient le projet, mais lui donne tout de même trois mois pour faire ses preuves !

Sitôt la rentrée de septembre passée, le ministère de la Culture démarre donc une procédure d’évaluation du Mouv’ et envoie notamment un questionnaire à la présidence de Radio France sur les moyens, le contenu et le développement de la radio. [2]

Un audit approfondi est par ailleurs confié au SJTI (le Service Juridique et Technique de l’Information, dépendant de Matignon). Les conclusions du rapport sont dévoilées quatre mois plus tard, le 2 février 1998, et sont plutôt sévères sur les premiers pas de la station. Elles mettent notamment en exergue le manque de consultation au sein de Radio France sur le projet, un plan de diffusion aberrant, l’équilibre économique précaire du Mouv’, l’improvisation qui a régné lors de son lancement et des programmes à l’ambition plutôt floue.

 

« Le Mouv’ a été élaboré « à part » de l’entreprise » [3]

C’est là la faute originelle commise par Michel Boyon lors de la réflexion sur ce nouveau programme : il n’a pas jugé bon d’associer les différentes antennes de Radio France au projet, d’où une certaine défiance des personnels à son encontre.
A peine arrivé à la présidence du groupe fin 1995, Boyon est soucieux de rajeunir l’audience vieillissante des chaînes. L’idée d’une station censée attirer des oreilles plus jeunes vers l’univers de Radio France fait son chemin, et reçoit le soutien appuyé du ministre de tutelle de l’époque : Philippe Douste-Blazy.
Pas moins de 150 projets provenant de producteurs, journalistes et techniciens maison sont alors transmis à la tête de Radio France. Ces travaux ne seront cependant jamais réellement pris en compte, et Michel Boyon préfère missionner parallèlement sur le sujet un producteur de France Inter, Olivier Nanteau, conseillé par trois autres personnalités du monde de la radio : Marc Garcia (responsable de la programmation musicale de France Inter, auparavant fondateur et dirigeant d’Europe 2), Gilles Carretero (réalisateur à Radio France), et Joël Pons (ancien de Superloustic, réseau privé destiné aux enfants). [4]
L’attelage travaille alors dans le plus grand secret à ce que sera le contenu du Mouv’, en rapportant directement à Boyon leurs avancées et en utilisant une succession de noms de code pour désigner le projet : Arthurine, puis Alpha, puis Résoméga… [5]
Après un an de travail, de maquettes réalisées, d’embauches effectuées, le projet Mouv’ est prévu pour être lancé au mois de juin 1997. L’agenda politique va alors se superposer à l’agenda médiatique : la droite perd les élections législatives de mai 1997, et un gouvernement « Gauche plurielle » s’installe dans la foulée. A son arrivée rue de Valois, la nouvelle ministre de la Culture et de la Communication, alertée par les syndicats de Radio France, émet quelques réserves sur ce projet de radio publique montée sans réelles consultations et concertations. Michel Boyon n’en a cure et inaugure alors son bébé comme il l’entend, en passant en force.


« Le plus aberrant des plans de diffusion »
[6]

Comme l’écrit le Canard Enchaîné en 1998 : « un peu comme si une chaîne de supermarchés choisissait de planter ses magasins là où il y a des terrains vagues disponibles, mais sans savoir s’il y a le minimum vital de consommateurs dans le secteur. La radio jeunes de Radio France n’a pas du tout recherché les villes où le jeune se faisait abondant, mais seulement les villes où Radio France disposait de fréquences disponibles. »

Soucieux de sauvegarder la paix sociale à Radio France, Michel Boyon n’envisage ni de prendre des fréquences doublons aux autres chaines de Radio France (France Musique ou France Culture à Paris, Radio France Hérault à Montpellier…), ni de fermer certaines locales urbaines de FIP pour assurer un réseau de diffusion confortable au Mouv’. Seule Radio France Toulouse est purement et simplement supprimée pour faire place à la station jeune dans la deuxième ville étudiante de France.
letransistor_lemouv_frequences-1998-287x300 dans ArchivesHistoire de ne pas être accusé de favoritisme par les groupes radiophoniques privés, le gouvernement ne procède pas de son côté à d’éventuelles préemptions de fréquences, et le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel ne dégage aucune nouvelle ressource hertzienne. Ainsi obligée de rationaliser elle-même son parc d’émetteurs, Radio France en est donc réduite à utiliser les quelques fréquences disponibles dont elle dispose sur de petits bassins de population ; le réseau du Mouv’ est ainsi constitué essentiellement de villes moyennes dans des zones rurales où les étudiants se font rares.

Cette diffusion restreinte, éloignée de son public cible est un caillou dans la chaussure de Michel Boyon. Comment justifier un projet coûteux si son audience est certaine de rester confidentielle ?

 

« Un risque de dérive non négligeable du budget » [2]

Autre point reproché au Mouv’ : son coût de fonctionnement. Estimé à 33 millions de francs en 1998, il augmenterait de 25% par la suite en raison de l’enrichissement du programme, de l’extension de la diffusion, et surtout du déménagement et de l’installation de toute l’équipe à Toulouse à partir du 1er avril 1998.
letransistor_lemouv_publicite-tlse-1998-224x300 dans HistoirePrivée de fréquence parisienne, et boudée par les personnels de la Maison ronde, la station devient en effet le premier réseau national développé hors de Paris. Cette décentralisation engendre cependant un surcoût annuel de fonctionnement de 4 à 5 millions de francs. Des ressources doivent donc être trouvées et réparties au sein de Radio France. Les syndicats dénoncent par exemple à l’époque l’importante réduction du budget des émissions dramatiques de France Culture afin de tenir l’équilibre financier du Mouv’. [4]

 

« Les débuts de la station ont été marqués par un manque de rigueur et une certaine improvisation nuisibles à la crédibilité de l’antenne » [7]

Que peut-on entendre sur le Mouv’ lors de ses premières semaines d’existence ?
Assez peu de vie tout compte fait. Un unique animateur est présent dans les premiers temps : Tristan Pantalacci. Ce n’est qu’à la rentrée de septembre que l’antenne sera dotée d’une véritable grille des programmes et de voix plus nombreuses. En attendant, l’été s’écoule essentiellement avec un flux musical original et diversifié : du rock, de la pop, de l’électro, du rap, des artistes français très bien exposés et un chouïa de world-music deux fois par heure. A mi-chemin entre Radio Nova et Couleur 3, Le Mouv’ représente une véritable alternative musicale aux radios privées et célèbre la « fusion des genres, les nouveaux sons contemporains, et se fait l’écho des nouvelles tendances » [8].

Au milieu de cet océan de musique, « quelques îlots de sens » selon l’expression d’Olivier Nanteau, premier patron du Mouv’, mais aucun rendez-vous à heure fixe, afin de s’adapter aux pratiques d’écoute des jeunes, qui sont censés ne pas consommer les médias comme les autres et zappent énormément. [9]

Quelques courts bulletins d’information se font par exemple entendre à des horaires improbables, comme ici à 13h21 le 17 juin. Hervé Gardette présente le tout premier flash du Mouv’ :

D’autres contenus sur l’emploi, les études, le logement ou la santé déboulent sans crier gare avant de laisser à nouveau la place au flux musical automatisé (Le Mouv’ est alors la première station de Radio France entièrement numérisée et pilotée par informatique). Il s’agit le plus souvent de simples témoignages d’expériences recueillis par les quelques jeunes reporters du Mouv’. A l’image du tout premier sujet diffusé sur l’antenne à 13h13 le 17 juin : une interview d’un plagiste par Rebecca Manzoni.

Excepté ces quelques pastilles, l’antenne est donc bien morne jusqu’en septembre. D’autant que le premier habillage de l’antenne est ultra-répétitif et ne comporte que très peu de jingles :

Ce package peu diversifié présente également le défaut d’être peu compréhensible par l’auditeur distrait.  J’écoute quoi là ? Mou ? Houhou ? Gnouf ? Ouf ?

De nouveaux jingles plus intelligibles viendront donc compléter l’habillage dans les mois qui suivent.

 

« Une conception programmatique plutôt floue » [2]

A partir de septembre 1997, Le Mouv’ trouve sa vitesse de croisière et la grille des programmes s’installe véritablement, alimentée par l’ensemble des animateurs, journalistes, programmateurs et techniciens recrutés (une soixantaine de personnes).

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Les animateurs sont chargés de présenter les références musicales pointues et d’introduire les différents modules diffusés : des thématiques hebdos, quatorze flashes infos par jour, une revue de presse, un magazine de la rédaction de vingt minutes, des chroniques multidiffusées (Associations/initiatives, Bouquins, Cinéma, Economie, Europe, Formation, Logement, Médias, Multimédia, Santé, Tendances, Musique). [8]

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L’audit du SJTI pointe tout de même en 1998 des programmes dénués de repères horaires clairs et de contenus véritablement consistants, et appelle de ses voeux un recadrage de l’ensemble, à l’exception de la programmation musicale jugée suffisamment ambitieuse.

Et de réorientation il ne sera pas vraiment question dans les mois qui suivent. Olivier Nanteau va rester fidèle à son concept de « radio de flux » et seuls quelques ajustements du programme seront effectués à la marge durant la saison 1998-1999.

La formule expérimentale du Mouv’ n’évoluera véritablement qu’à partir de l’été 1999, sous l’impulsion de Marc Garcia, devenu patron de la station quelques mois plus tôt (Jean-Marie Cavada, le nouveau PDG de Radio France, le nomme le 8 mars 1999).

Garcia conservera l’ensemble des ingrédients du Mouv’ des débuts, mais en les ordonnant et les hiérarchisant. Le flux musical sera également revu et l’éclectisme fera place à une programmation centrée sur une niche plus marketing : le pop-rock.

En échange de ce virage éditorial censé attraper davantage d’auditeurs, Jean-Marie Cavada saura trouver de nouvelles fréquences urbaines au Mouv’ par l’intermédiaire du plan bleu (création de la marque France Bleu et rationalisation du parc de fréquences de Radio France).

Dès lors, cette « radio mal née » gagnera en visibilité et en audience, mais ne sera pas exonérée pour autant de nouvelles péripéties et de nouveaux débats quant à son utilité et sa réelle mission de service public.
Aujourd’hui, la station est finalement devenue sous l’impulsion de Jean-Luc Hees beaucoup plus culturelle et informative mais la question de sa survie se pose toujours au regard de sa confidentialité.

[1] Libération du 18 juin 1997
[2] Libération du 18 septembre 1997
[3] L’Express du 19 février 1998, entretien avec Francis Brun-Buisson, directeur du SJTI
[4] Télérama du 11 novembre 1998
[5] Libération du 6 mai 1996
[6] Le Canard Enchaîné du 18 mars 1998
[7] Libération du 17 février 1998
[8] Brochure de promotion du Mouv’, mai 1998
[9] Interview de Marc Garcia, Télérama du 27 octobre 1999

Illustrations : brochure de promotion du Mouv’, mai 1998

 

Le petit musée sonore de la radio publique des années 70 5 juin 2012

Posté par Le Transistor dans : Archives,France Inter,Radio France , 2 commentaires

Avril 1976. Un adolescent, auditeur assidu de France Inter, passe trois journées complètes à enregistrer tous les indicatifs de sa station préférée.
36 ans plus tard, il décide de numériser son trésor et de le rendre disponible au plus grand nombre grâce à internet.

Hervé Hist, créateur de l’audioblog Atlantic explique sa démarche : « j’ai passé trois jours (au grand dam de mon père qui se demandait comment j’allais me reposer) à l’écoute de toutes les émissions d’Inter afin de copier sur cassette leurs indicatifs dans le but avoué de les rediffuser un jour dans ma propre émission de radio. C’était les 2, 3 et 4 avril 1976. »

Le petit musée sonore de la radio publique des années 70 dans Archives logo-atlanticGrâce aux audioblogs d’ARTE Radio, Hervé Hist opte finalement pour la technique du podcast pour diffuser ce riche témoignage sonore.
Il se fait conteur pour valoriser ses archives rares et introduire les grandes voix qu’il va nous être donné d’entendre, jugez plutôt : Jean-Louis Foulquier, Michel Touret, Jacques Bal, un furtif Pierre Bouteiller, Anne Gaillard pour Inter Femmes, Claude Ruben, Bernard Golay, Jean-Pierre Elkabbach et son Treize-Quatorze habillé par Pink Floyd, Jacques Pradel, Patrice Blanc-Francard pour Bananas, Claude Villers et son Pas de panique, José Artur et le Pop Club, Jean Fontaine, André Francis, Michel Godard, Jean-Charles Aschero, Louis Bozon, ou bien encore Claude Dufresne.
Et puis, il y a les génériques emblématiques que l’on déguste avec ce son si particulier des grandes ondes : le thème de Georges Delerue composé pour Radioscopie de Jacques Chancel, la trompette de L’Oreille en coin enrobée par les introductions malicieuses de Kriss…

Atlantic nous propose donc une fantastique immersion dans le patrimoine radiophonique des années 70, un beau voyage dans le temps à effectuer en suivant ce lien.

Dans les jours qui suivent, Hervé Hist nous promet la mise en ligne d’autres émissions de France Inter, à commencer par un enregistrement d’Inter Midi Week-end de novembre 1978 consacré aux 80 ans de la TSF. Des publications à guetter avec intérêt donc.

L’indicatif de France Info sous toutes ses coutures 4 juin 2012

Posté par Le Transistor dans : Amusant,Archives,France Info,Habillage,Radio France , 4 commentaires

L'indicatif de France Info sous toutes ses coutures dans Amusant letransistor_bandeau-logos-franceinfo

Pour continuer à célébrer les 25 ans de France Info, penchons-nous à présent sur son habillage, et plus particulièrement son indicatif. Ces dix notes gravées désormais dans l’inconscient collectif français, cette mélodie qui identifie instantanément la chaîne d’information depuis un quart de siècle.

Pour la petite histoire, cette signature a été imaginée par Gérard Calvi, compositeur de nombreuses oeuvres pour la radio publique dans les années 50 et 60, et de thèmes joyeux pour le théâtre et le cinéma, notamment pour Pierre Tchernia et les adaptations d’Astérix en films d’animation, ainsi que pour la troupe des Branquignols, dont il est l’un des fondateurs à l’après-guerre (1).
L’anecdote ne serait pas complète sans mentionner que Gérard Calvi est le père du journaliste Yves Calvi, qui contribua justement aux premières années de France Info, avant de passer par RMC, Europe 1, France Inter puis RTL (2).

Gérard Calvi compose donc en 1987 le fameux indicatif en fa majeur (si bémol la do / do fa sol la si bémol la fa), qui aux débuts de la station sera habillé de paroles (3) :

Ces déclinaisons chantées seront abandonnées en 1989 pour une version plus sobre et convenant certainement mieux à une chaîne d’information :

A partir de 1990, la voix féminine est totalement écartée, et seule la version instrumentale du thème est diffusée :

A la fin des années 1990, le sonal archi-diffusé et usé jusqu’à la corde est enfin ripoliné pour passer dignement l’an 2000 :

Il est ensuite plus sérieusement modernisé en 2007 pour les 20 ans de France Info par le studio Novaprod Owl et le compositeur Fred Léonard :

Puis enfin, deux ans plus tard, le musicien électro Arnaud Rebotini en livre une version 2009 assez décriée et rejetée par les auditeurs fidèles de France Info :

L’acteur Kad Merad ira même de son petit commentaire à ce sujet lors d’une interview sur la chaîne :

Une version de l’indicatif à la guitare existe à ce propos bel et bien ; elle fut diffusée furtivement lors de la nuit du passage à l’an 2000 :

Cette même nuit, fut d’ailleurs également l’occasion d’entendre une version samplée et sratchée du thème pour un rap de trente secondes à la gloire de France Info !

Et puis, cerise sur le gâteau, une déclinaison bretonnante fut même diffusée durant toute une journée en mai 2009 :

Etonnant, non ?

(1) Dictionnaire de la radio, PUG-INA 1997
(2) Télérama du 9 avril 1997
(3) Télérama du 9 janvier 2008

 

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